Pharmaciens : le gouvernement met en place le déremboursement de l’homéopathie

Alors qu’actuellement les médicaments homéopathiques sont pris en charge par l’assurance maladie à hauteur de 30 %, la Commission de la transparence de la Haute autorité de santé (HAS) préconise le déremboursement de ces médicaments. Préconisation qui vient d’être suivie par le Gouvernement.

Isabelle Capet

Ce sont au total 1 163 médicaments homéopathiques qui sont visés par la HAS. Pour fonder son jugement, elle explique s’être appuyée sur trois sources de données différentes : la littérature scientifique nationale et internationale, les données déposées par les laboratoires (Boiron, Lehning et Weleda) et les éléments apportés par d’autres parties prenantes (professionnels de santé, syndicats, patients…). Elle a retenu 37 études « suffisamment pertinentes », soit 21 revues systématiques de la littérature et méta-analyses, 10 essais contrôlés randomisés et 6 études d’impact de santé publique recouvrant 24 affections ou symptômes (douleurs post-chirurgicales, prévention de l’inflammation, verrues plantaires, saturnisme, candidoses vaginales ou encore syndrome de fatigue chronique). Le résultat est, selon elle, sans appel : dans ces études, il n’y a aucune preuve d’une quelconque efficacité de l’homéopathie sur les symptômes ou affections étudiés.

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a suivi l’avis de la HAS. Elle vient, en effet, d’annoncer que le déremboursement serait progressif : il ne sera plus que de 15 % à partir du 1er janvier 2020, pour tomber à zéro au 1er janvier 2021.

©  Les Echos Publishing – 2019

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